La croix de la Planche à Curis-au-Mont-d’Or

croix_plancheUne croix discrète au bord du ruisseau du Thoux

Localisation

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Localisation. Source : Géoportail IGN

La croix de la Planche est située sur la commune de Curis. Implantée au bord du chemin du Pontet et en bordure du ruisseau du Thoux, elle marque l’intersection de la route du Pontet, du chemin du Gant et du chemin du Pontet.

Latitude : 45.872678 N. Longitude : 4.822661 E. Altitude : 200 mètres

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Localisation sur le plan terrier des rentes nobles Source : ADR 10 G 2794.

Origine du nom

Le nom de la Planche viendrait du pont de bois qui permettait de traverser le ruisseau du Thoux à cet endroit. La traversée du ruisseau devait être aussi possible par un gué qui aurait laissé son nom au chemin voisin du « Gant ».

Etat

Bon état général.

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Revers de la croix.

Description

La croix est orientée à l’Ouest. Le monument a une hauteur totale de 140 cm.

Le soubassement cubique est composé de moellons de pierres jaunes grossièrement jointoyées au ciment, de facture probablement plus récente que le reste du monument.

Le croisillon monolithe d’une hauteur de 70 cm est posé sur une table également monolithe d’une épaisseur maximale de 9 cm.

La croix possède une agrafe de fer due à une réparation, ainsi que par endroits des reprises de la pierre avec un enduit lisse coloré ocre.

Aucun milléssime ne figure sur la croix. Seule une inscription non datée est présente à l’intérieur d’un écusson, à la base du croisillon.

IHS

ALOVNVOR

dE REPOSER

LE St SACREMENT

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Inscription à la base du croisillon

Interprétation

Nous ne disposons que de très peu d’informations au sujet de cette croix discrète. Son positionnement est sans doute dû à l’intersection entre le chemin du Gant et à la traversée du ruisseau par la route du Pontet, axe historique permettant de relier les bords de Saône à l’église de Curis (en empruntant la montée du Tilleul). Cet itinéraire était emprunté par les convois de carriers, jusqu’à la Saône où se situait un port de chargement des pierres.

Le monogramme IHS est fréquemment interprété comme IESUS HOMINUM SALVATOR (Jésus, sauveur des hommes).

L’interprétation de la 2ème ligne de l’inscription pose quelques difficultés. Nous l’interprétons comme une orthographe fantaisiste donnée à la mention suivante « A l’honneur… ». Il est fréquent de trouver des dédicaces de croix avec des orthographes plutôt approximatives (voir notre article à propos de la Croix de Charézieux).

En l’occurrence, l’inscription « a l’honneur de reposer le St Sacrement » prendrait un certain sens : peut-être s’agit-il ici d’une croix « reposoir », comme nous l’expliquerons ci-dessous à titre d’hypothèse.

La Fête Dieu et les reposoirs

Lors de la Fête Dieu, une procession publique avait lieu où l’hostie consacrée (le Saint Sacrement, selon la religion chrétienne) était sortie de l’église et portée en grande pompe dans un ostensoir à travers les rues des villages, selon un parcours prédéfini. Des autels provisoires, les reposoirs, étaient dressés et matérialisaient autant de lieux de pause et de prières dans le déroulé de la procession. Selon son inscription, la Croix de la Planche aurait-elle ainsi joué ce rôle d’autel provisoire ?

La confrérie du Saint Sacrement de Curis

D’après l’historien Gabriel Pérouse, une confrérie du Saint Sacrement existait à Curis. Les confréries du Saint Sacrement n’étaient pas présentes dans toutes les paroisses, et au fil des siècles, ces confréries ont pris des formes et des rôles relativement évolutifs. Pour résumer, les confrères du Saint-Sacrement sont des personnes issues de la société civile regroupées en une sorte d’association fraternelle vouée à la dévotion et au culte du Saint Sacrement, notamment lors de la procession de la Fête Dieu. Cette croix serait ainsi un témoin du temps où les processions religieuses embrasaient le cœur des villages du Mont d’ Or.

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Vue d’ensemble. A gauche : le ruisseau du Thoux

Une croix menacée par les temps révolutionnaires

Cette croix n’a pas toujours fait l’objet de dévotion : une délibération municipale prise le 1er décembre 1793 vouait à la démolition les croix en pierre et autres signes de la religion catholique dans la commune… Doit-on à cette époque l’agrafe en fer du croisillon qui prouve une détérioration importante, puis la réparation du monument ?

Sources :

  • De la confrérie du Saint Sacrement au culte du Sacré Coeur – Article de Marie-Hélène FROESCHLE-CHOPARD

  • Histoire de Curis, tomes 1 & 2. Gabriel Pérouse.

 Retrouvez cet article au format .pdf sur ce lien : La Croix de la PLanche.

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Auteur : lucbol

Luc Bolevy est l'auteur du livre "le Mont d'Or lyonnais, petit et grand patrimoine" paru en novembre 2015 aux Editions du Poutan (www.poutan.fr) Il publie régulièrement des articles sur le blog "les cahiers du Mont d'Or", dont il est cofondateur avec Pierre de Laclos. (https://lescahiersdumontdor.wordpress.com/)

1 réflexion sur « La croix de la Planche à Curis-au-Mont-d’Or »

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