La batterie de la Fréta sur le Mont Cindre

Introduction

Le massif du Mont d’Or occupe une position stratégique au Nord de Lyon, position qui a donné lieu à différentes installations militaires au fil du temps, suivant les besoins et les progrès techniques des armées. Ses divers sommets qui culminent de 479m pour le Mont Cindre à 626m pour le Mont Verdun, offrent des points de vue remarquables sur le val de Saône à l’Est, la plaine des Chères au Nord, et l’axe de communication Lyon-Paris à l’Ouest.

Des théories sur les Romains citant tour fanal, poste de guet, ou voie romaine ont largement été entretenues par des auteurs du XIXème et XXème siècle, bien que pas toujours étayées par des preuves archéologiques. Michel Garnier faisait état dans ses livres Carriers et carrières dans le Mont d’Or lyonnais, de deux postes de guet, dont une tour-fanal immémoriale construite en extrémité Nord du Mont-Py. De nos jours, c’est la base aérienne 942 qui occupe encore certains sommets, dont le Mont Verdun. Elle constitue un grand centre de commandement de l’Armée de l’Air.

C’est dans la 2ème partie du XIXème siècle qu’ont été édifiés des forts et des batteries sur la plupart des sommets du Mont d’Or, dans le cadre d’importants travaux de défense du territoire français. Ces ouvrages, issus du système de défense proposé et réalisé par le général Séré de Rivières, existent pour partie encore aujourd’hui, même s’ils ne sont pas tous accessibles au public, soit étant privés, soit faisant encore partie du domaine militaire.

Nous avons choisi de traiter l’un de ces ouvrages, parmi les plus modestes et les moins connus : la batterie de la Fréta située sur le Mont Cindre à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or. Cette batterie construite en 1878, constituait une des annexes du fort du Mont Verdun. Ses terrains d’assiette ont été déclassés du domaine militaire en 1954 et vendus en 1960, et la batterie subsiste parmi une végétation qui est venue progressivement coloniser le site et ses ouvrages.

Dans l’article qui suit, nous commencerons par rappeler le contexte du système de défense de la Place de Lyon au XIXème siècle et celui de la construction des ouvrages du Mont d’Or dans les années 1874-1878. Nous présenterons ensuite le site et la batterie de la Fréta à partir d’informations, de données d’archives et d’observations que nous avons récoltées et exploitées.

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Batterie de la Fréta (Montage photo Limonest-Patrimoine – 2003)

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Le bassin des Vondières de Saint-Romain-au-Mont-d’Or

Introduction

Le bassin des Vondières de Saint-Romain-au-Mont-d’Or est un ouvrage hydraulique à la fonction indéterminée cité par Michel Garnier dans son ouvrage « Souterrains et captages traditionnels du Mont d’Or » (p.67) :

La source de Vondière ou Vondières est mentionnée dans les documents anciens. La font Vondière traditionnelle est probablement ce qu’on appelle maintenant la Bordière. Ouvrage étonnant, se présentant comme une pièce d’eau encadrée de hauts murs de 5 ou 6 mètres de haut, avec des déversoirs et des vannes que le fouillis de ronces et de broussailles n’a pas encore permis d’étudier. L’eau arrive par voie souterraine (on distingue sous l’eau le haut de la voûte) et repart de même.

Cette citation de Michel Garnier ne pouvait qu’attiser la curiosité. En effet, mis à part une brève description dans cet inventaire des souterrains du Mont d’Or, nous n’avions retrouvé aucun écrit récent et détaillé au sujet de ce bassin, ni aucun relevé. C’est la raison pour laquelle nous avons cherché à réaliser un descriptif de ce mystérieux bassin.

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Vue d’ensemble dégagée. Hiver 2015.

Localisation

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Quand les carriers croisaient l’aqueduc romain du Mont d’Or

Les ouvrages en pierre sèche des carriers contre les ouvrages en maçonnerie des Romains

Le Mont d’Or lyonnais a depuis fort longtemps fait l’objet d’occupations humaines liées à la culture, au pastoralisme et à l’exploitation de ses ressources naturelles telles que l’eau et la pierre. Stations dites « celtiques », vestiges gallo-romains, nombreux ouvrages en pierre sèche (tunnels de carriers, cabornes…) ont largement été relevés par des géologues, des scientifiques, ainsi que de nombreux amateurs, avant même le XIXème siècle et jusqu’à nos jours.
On peut encore apercevoir certains vestiges de l’aqueduc romain du Mont d’Or, qui parfois se croisent ou se superposent avec des ouvrages en pierre sèche construits bien plus tard par les carriers exploitant le Mont d’Or.
Nous avons choisi de traiter ces croisements d’ouvrages qui sont aussi des croisements d’époques et de techniques différentes. Les Romains ont réalisé un ouvrage linéaire de 26 km grâce à des techniques parfaitement maitrisées (topographie, hydrographie, maçonnerie, génie civil… ). Bien plus tard, les carriers, en exploitant la pierre du Mont d’Or, ont édifié de nombreux ouvrages en utilisant une technique de construction plus rustique s’appuyant sur un savoir empirique : la technique de la « pierre sèche ».

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                       Aqueduc romain                                         Aqueduc de carriers

Pour des raisons topographiques et géologiques qui seront expliquées, ces ouvrages se croisent à de nombreuses reprises. Ces croisements sont abordés dans l’article qui suit, en se limitant au tracé de l’aqueduc dans sa première portion, de Poleymieux jusqu’à Saint-Romain. Tous ces ouvrages présentent un intérêt patrimonial qu’il convient de ne pas oublier et de préserver autant que possible.

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Nous tenons à remercier Jean Burdy avec qui nous avons échangé lors de l’élaboration de notre article.

La combe Moletant à Couzon-au-Mont-d’Or

Un exemple de lecture de terrain et de son petit patrimoine

Cet article s’attache à décrire l’une des combes de la Commune de Couzon-au-Mont-d’Or, ainsi que les éléments de petit patrimoine encore présents et qui sont issus de l’exploitation passée de carrières de pierre jaune du Mont d’Or lyonnais. Ces carrières exploitées jusqu’à la fin du XIXème siècle, ont laissé des traces d’activité dans le paysage et la topographie du site, dont d’étonnants tunnels de pierre sèche. Cet article constitue en quelque sorte la lecture d’un terrain et de son petit patrimoine, faite à partir de simples observations que tout un chacun peut réaliser, croisées avec des données cartographiques et parcellaires du secteur et qui sont facilement disponibles.

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Les tunnels du vallon de Chanelette à Saint-Romain-au-Mont-d’Or

Le vallon de Chanelette à Saint-Romain-au-Mont-d’Or est un secteur comportant un front de carrières encore aisément reconnaissable dans sa partie Nord. Nous avons choisi de décrire les deux tunnels de pierres sèches présents dans ce vallon pour plusieurs raisons :

– leur bon état de conservation

– leur proximité respective, qui permet une comparaison aisée.

– l’exceptionnelle datation d’un des ouvrages,

– la présence d’autres constructions témoignant de l’activité passée dans ce secteur, et conférant un intérêt patrimonial indéniable à l’ensemble : en contrebas deux maisons de carriers (en ruine), un captage d’eau daté de 1893, ainsi que les restes d’un ancien lavoir. A proximité immédiate : des terrasses de pierres sèches et des cabornes. A la base du front de taille d’une des deux carrières desservies : des inscriptions exceptionnelles datées laissées par des tailleurs de pierre.

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LES TUNNELS DU VALLON DE CHANELETTE v4

La caborne marquée « BJ » de Saint-Romain-au-Mont-d’Or

La description de cette caborne à la voûte semi-effondrée témoigne de la fragilité mais aussi de la datation délicate de ces ouvrages de pierre sèches, si répandus dans le massif du Mont d’Or au nord-ouest de Lyon. En l’absence de millésime, les marques des tailleurs de pierre, si elles sont des indices précieux, ne peuvent à elle seules garantir une époque de construction exacte, tant les remaniements et les matériaux en remploi sont fréquents sur ces constructions modestes.

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